Les appels téléphoniques internationaux vers l’Afrique pourraient générer des milliards de dollars pour financer le développement du continent, selon Global Voice Group

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Pour peu qu’on observe le fonctionnement des pays développés, on constatera qu’il existe une sorte de contrat qui lie le gouvernement d’un côté, et la population et le secteur privé de l’autre. Dans le cadre de ce contrat, le gouvernement fiscalise sa population et ses entreprises pour avoir des deniers publics qui lui permettent en retour de fournir des services tels l’éducation, la santé, la sécurité, etc.

Par contre, dans les pays en développement, les gouvernements fiscalisent peu et, en conséquence, ne fournissent pratiquement aucun service. Les contribuables eux, contribuent peu. Dans l’impossibilité de générer assez de ressources internes pour leur fonctionnement et pour financer leurs projets de développement, ces pays s’en remettent à des mécanismes de financement externe, comme l’appui budgétaire et l’aide internationale au développement.

Ces dernières années, dans un contexte de crise financière et d’instabilité des marchés au niveau mondial, les sources de financement externe, octroyées par les bailleurs de fonds et autres partenaires internationaux, ont tendance à se raréfier. Par conséquent, ces pays dépendent, en grande partie, des envois de fonds de leur diaspora, qui occupent une part de plus en plus importante de leur PIB.

Ainsi, la Banque mondiale rapporte que pour la seule année 2012, 30 millions d’émigrés africains ont envoyé près de 60 milliards USD à 120 millions de bénéficiaires. Ces envois de fonds constituent une véritable bouffée d’oxygène pour les finances publiques de l’Afrique.

Mis à part ces envois de fonds, la diaspora africaine vivant et travaillant à l’étranger place beaucoup d’appels dans ses pays d’origine. Chacun de ces appels génère des revenus considérables en devises pour les opérateurs télécoms des pays riches, et pour les opérateurs de réseaux mobiles locaux en Afrique. C’est le cas au Ghana, en Guinée, au Libéria, au Rwanda, en Tanzanie et au Congo, où les gouvernements ont établi de nouvelles réglementations sur les appels entrants. Le système permettant d’appliquer cette réglementation a été mis en place avec l’assistance technique de Global Voice Group (GVG), une société qui développe cette expertise depuis plus d’une décennie.

Par exemple, avec un marché d’environ 16 millions d’abonnés, et plus de 21 millions de lignes téléphoniques mobiles actives, le gouvernement du Ghana a généré un apport régulier de 6 millions USD par mois à partir de l’argent que les Africains dépensent à l’étranger, ce qui représente un bol d’air pour l’économie du Ghana et de ses habitants. Il s’agit d’une moyenne de 40 cents USD par abonné.

Sachant qu’à la fin du quatrième trimestre de 2014, l’Afrique comptait 895 millions d’abonnés au mobile, et que, depuis, 23 millions d’abonnés s’ajoutent chaque trimestre, pour atteindre un nombre estimé à 1 milliard à la fin de l’année, (Source : The Ericsson Mobility Report, Mobile World Congress edition, février 2015), on comprend aisément l’importance du marché des télécoms pour l’économie du continent. Ce flux d’argent substantiel constituerait une autre forme de contribution transmise par les pays riches occidentaux à l’Afrique pour lui permettre de pourvoir à ses besoins de développement.

Joseph NARCISSE

Journaliste économique

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